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Une rentrée tardive...
Début Novembre, rentrée pour le blog, naissance d'un nouveau site... http://punctum-vertigo.blogspot.com/ Un lien direct est accessible dans la colonne de droite ( "Sites consacrés au Cinéma")...Vous y trouverez la majorité des articles présents sur ce site publiés depuis près de trois ans maintenant... Les Note(s) sur le(s) Cinématographe(s) sont prêtes, lisez-les, un article inédit est déjà disponible, ainsi qu'un sondage sur le dernier chef-d'oeuvre de Resnais. Mon Cinéma est mort, vive Punctum Vertigo!
 
100 000 visiteurs!
Il y a bientôt deux ans, je me réjouissais d'avoir 10 000 visiteurs sur mon blog...Aujourd'hui, j'en ai dix fois plus et il est grand temps de faire le point sur Mon cinéma. Tout d'abord, l'absence d'articles depuis quelques mois est due à un manque d'inspiration sans doute, mais surtout à un manque de commentaires (90 commentaires en bientôt trois ans d'existence, c'est trop peu) et à une surcharge de travail (avec entre autres la réalisation d'un premier court-métrage). Outre un article sur La Mort aux Trousses, le troisième film présenté au programme du Baccalauréat cette année, j'avais commencé un article sur Le Samouraï de Jean-Pierre Melville, La Maman et la Putain de Jean Eustache, El Topo d'Alejandro Jodorowsky, Pas de printemps pour Marnie et Vertigo d'Alfred Hitchcock, Heat de Michael Mann, INLAND EMPIRE de David Lynch, Entre les Murs de Laurent Cantet, L'Homme qui tua Liberty Valance de John Ford et enfin Dancer In the Dark de Lars Von Trier... Tous ces projets, qui paraissent avortés, auront peut-être la chance d'être finis, sur ce blog ou sur un site Internet en création. Vous serez naturellement tenus au courant de l'adresse lorsque le projet sera concret. Le principal défaut de ce blog fut de ne traiter que des "chefs-d'oeuvre" du Cinéma. D'autres films, excellents ou mauvais, méritent d'être étudiés, et cette vision bazinienne des choses ne me convient plus. Oui, il faut désormais parler de mauvais films ou de films presque décevants mais au potentiel énorme (songez à Vengeance de Johnnie To). Telle sera la ligne directrice du futur site. Beaucoup d'idées germent dans mon esprit: une rubrique d'analyse écrite de séquence, d'histoires autour d'une photographie, d'analyse de séquences disponibles en vidéo et commentées en voix-off, un "Cinéma de Minuit" centré autour d'un thème précis bénéficiant d'articles courts mais propres à donner envie au spectateur... Beaucoup de projets, qui, espérons-le, verront le jour cet été, ou à la rentrée, sous forme de Note(s) sur le(s) Cinématographe(s)...
 
Hiroshima mon amour
Film programmé au Baccalauréat Cinéma depuis l'année dernière, Hiroshima mon amour est le premier long-métrage d'Alain Resnais. Son premier chef-d'oeuvre aussi.

En 1958, à Hiroshima, deux amants, japonais et français, évoquent leurs souvenirs personnels, étroitement liés à l'Histoire du Monde. Ensemble, ils bravent un interdit: celui de l'adultère. Lui vit ici. Elle est là pour un film international sur la paix. Le lendemain, ils se revoient, peut-être par hasard, sur le lieu du tournage. Noyés par les nombreux défilés anti-nucléaires orchestrés pour le film, les deux amants se retrouvent pour une après-midi et une nuit où les souvenirs de la guerre ressurgiront, semblables aux enseignes clignotantes éclairant la ville de nuit. L'amour impossible entre Elle et Lui fait écho à celui de Nevers, survenu il y a quatorze ans, en pleine Occupation. Elle est alors une jeune française de dix-huit ans qui noue une relation avec un soldat allemand de cinq ans son ainé. Ils se fréquentent dans des granges, puis dans des ruines, puis dans des chambres. Leur idylle prend fin avec la mort du soldat, la veille de la libération de la ville. Le père enferme sa fille déshonorée dans une cave en la faisant passer pour morte. Tondue, rendue folle par tant de cruauté, elle s'enferme dans un mutisme rompu par la seule prononciation du nom de l'amant. Les cheveux repoussent et l'été, elle est envoyée à Paris en bicyclette par sa mère. Au même moment à Hiroshima, une bombe atomique est larguée, provoquant quatre-vingts mille morts et un traumatisme pour le Japon et l'humanité toute entière. Des musées sont créés, la vie revient dans cette ville qui renaît de ses cendres; avec un tourisme croissant, Hiroshima s'assure une prospérité économique. C'est dans cette ville reconstruite que le japonais demande à la française de rester à Hiroshima avec lui mais, comme elle l'affirme, elle n'est qu'une petite fille de rien, morte à Nevers. Rester est donc impossible. Chacun demeure associé à son lieu d'origine, celui qui les a figés dans l'Histoire; Lui est Hiroshima, Elle est Nevers...en...France...

Pour Resnais, il est plus important d'évoquer le traumatisme d'un crime (l'atomisation d'Hiroshima) ou d'un interdit (aimer un soldat allemand alors qu'il occupe un territoire en temps de guerre) que le crime ou l'interdit en lui-même. Présenter le souvenir et le ressenti plutôt que l'événement. S'attacher davantage au rapport entre le personnage et l'événement (la bombe atomique pour le japonais, l'Occupation pour la française) plutôt qu'au rapport entre une date ou un lieu (1944 à Nevers, 6 Août 1945 à Hiroshima) et l'événement. L'enjeu du film est donc de présenter les répercussions de l'Histoire sur ses victimes, celles qui sont toujours vivantes. Ainsi, Hiroshima mon amour, tout comme Nuit et Brouillard, évite l'écueil du "monument aux morts". Comme le confiera plus tard le cinéaste, toutes les images de son film sont au présent. Le premier long-métrage de Resnais confronte et confond les temps pour ne plus en former qu'un seul. Les deux esthétiques du film sont étrangement similaires. Le réalisateur a pourtant choisi deux chefs opérateurs différents, de nationalités différentes, aux parcours différents. Pire encore, il empêche Sacha Vierny, le chef opérateur des séquences tournées à Nevers, de voir les prises de vues effectuées quelques jours auparavant par Takahashi Michio à Hiroshima, pour ne pas en être imprégné. Resnais souhaite manifestement comparer voire opposer les époques, qui s'entrechoquent à tel point qu'elles ne forment plus qu'un temps, celui du présent. Ainsi, les mains soignées d'Elle dans le bar à Hiroshima se confrontent aux mains tachées de sang dans la cave de Nevers. Ses cheveux longs d'aujourd'hui se confrontent aux cheveux rasés d'hier. Resnais développe dans Hiroshima mon amour l'esthétique de la confrontation. L'importance des corps rend fidèlement hommage au scénario de Duras et à sa littérature: comme les époques, les corps nus s'entrechoquent à tel point qu'il n'en existe plus qu'un seul. Telle la mante religieuse, Elle dévore ses amants jusqu'à les confondre. Cinématographiquement, cela se traduit par les fondus enchaînés qui introduisent l'histoire, la leur, celle des amants. Avec beaucoup de poésie, la sueur les fait fondre, ils fusionnent en un seul corps; celui, meurtri, de la victime de la Seconde Guerre Mondiale.

Deux nationalités pour une même douleur...

 
Hiroshima mon amour - ma note pour ce film :
Réalisé par Alain Resnais
Avec Emmanuelle Riva, Eiji Okada, Bernard Fresson, ...
Année de production : 1959
Watchmen: la violence au nom de l'esthétique?
Un film fait aujourd'hui polémique. L'adaptation d'une bande dessinée considérée comme inadaptable, car beaucoup trop dense...En résulte une oeuvre de près de trois heures, intéressante, surprenante, bien que décevante et bâclée sur certains points. La polémique est double: d'une part, la déception notable de certains fans de l'oeuvre originale d'Alan Moore, culte depuis plus de vingt ans. Ce reproche peut néanmoins être fait pour chaque adaptation cinématographique...Il ne fait en aucun cas transparaître la singularité du film de Zach Snyder, qui, par la finesse de son montage, amoindrit la lourdeur du message porté au spectateur. Le second reproche que l'on associe au film est sa violence et ses scènes de sexe jugées "pornographiques" par certains, "inutiles" par d'autres...Certes, Watchmen n'est pas un film pour enfants (même de douze ans...). Il expose la saleté de la ville, celle que l'on retrouve dans le sublime Taxi Driver ou le pitoyable Sin City; la corruption régnant sur tous les puissants, c'est-à-dire, les politiques, les représentants de l'ordre, les hommes d'affaires, les crimes crapuleux qui s'accumulent dans les sombres ruelles, mais aussi, et tout simplement, les déchets qui s'amoncellent partout et qui côtoient les citadins. Mais le passé de Rorscharch, exposé d'une cruelle manière, ôte tout point de vue sur le meurtre du pédophile, sinon celui d'une sublimation du crime pour l'esthétique. Serait-ce le motif de tant de sécheresse dans le traitement? Lénine affirmait que l'éthique, c'est l'esthétique du XXIe siècle. Il faut uniquement considérer ici le long-métrage, réalisé en 2008, donc au XXIe siècle, et non pas l'oeuvre de Moore, du XXe siècle... N'y aurait-il pas donc pas d'autre motivation, de parti-pris pour montrer cette violence? Montrer du sang pour en montrer n'a aucun sens. C'est la quintessence de la stérilité artistique. Ainsi, un réalisateur comme Spielberg use de ce procédé dans son ridicule Munich (lors du premier assassinat orchestré par le Mossad). Il en est de même pour Snyder avec son dernier film. On pourrait rétorquer avec le symbole même de l'oeuvre initiale, où un smiley est tâché d'une goutte de sang. Il serait alors logique de s'en inspirer. Cependant, une oeuvre cinématographique ne doit pas s'attacher à des symboles, quels qu'ils soient. L'éthique disparaît au profit de l'esthétisme, et non plus de l'esthétique. Celle de Watchmen peut s'avérer choquante, usant jusqu'à plus soif d'effets numériques, à l'image du "plongeon" du Comédien dans le vide. Rien ne semble vrai. Il ne s'agit pas ici de vraisemblance, mais de vrai. Aucune chair n'est filmée en dépit des scènes de sexe qui font scandale. Rien ne peut troubler le spectateur car rien n'est montré ou explicité. Il n'y a aucune proximité avec le physique des acteurs, sinon avec la psychologie des personnages. Voilà le point fort du film; en exerçant la mémoire et l'intelligence du spectateur, Snyder s'assure de voir le passé des protagonistes (et plus particulièrement du Docteur Manhattan) connu de tous au bout de deux heures quarante... Elle est peut-être là, l'éthique du film: faire comprendre le pourquoi de la violence exposée durant le film, à travers ceux qui créent l'histoire et recréent l'Histoire, nos Gardiens.

Jeffrey Dean Morgan. Paramount Pictures France Le Comédien, héros ou monstre sanguinaire?

 
Watchmen - Les Gardiens - ma note pour ce film :
Réalisé par Zack Snyder
Avec Jackie Earle Haley, Patrick Wilson, Malin Akerman, ...
Année de production : 2009
Un Grand Patron

Une figure majeure du Cinéma français s'est éteinte. Claude Berri vient de décéder des suites d'un accident cérébral vasculaire. Truffaut parlait de Renoir en affirmant qu'il était l'homme qui ne se trompe jamais. Il en est de même avec Berri, qui a su prendre des risques, avec Jean de Florette, puisqu'il a hypothéqué sa maison pour financer le film, mais aussi avec La Graine et le mulet, d'Abdelatif Kechiche. Bien avant, il avait produit L'Enfance nue de Pialat, réalisé le sous-estimé Maître d'école avec Coluche, auquel il a offert quelques années plus tard un rôle bouleversant dans un film tragique, Tchao Pantin. Il fut aussi le producteur de films controversés à l'image de Je t'aime...moi non plus de Gainsbourg, L'Amant de Jean-Jacques Annaud et Amen de Costa-Gavras, l'actuel président de la Cinémathèque française. En parlant de cette Cinémathèque, Berri en fut le président de 2003 à 2007. Il a donc dû assurer la transition entre la Cinémathèque de Chaillot et celle de Bercy. La tâche n'était pas facile... Cet hommage semble fouillis, mais il n'est que la représentation d'une carrière foisonnante, exceptionnelle, et, en ce sens, cet homme était un "Grand Patron". C'est avec émotion que je m'exprime ainsi, croyant ne jamais devoir le dire: Tchao Berri!

 Le dernier nabab...

 
Claude Berri
Né le 01 Juillet 1934 à Paris (France)
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